La suite paraît en librairie
chez First Éditions.

Celui qui regarde à l'extérieur rêve ; celui qui regarde à l'intérieur s'éveille. Carl Gustav Jung
Ce livre n’est pas apparu entre vos mains par hasard. Quelque chose, dans votre quête, vous y a mené. Inutile de définir cette quête : il en existe autant que de lecteurs. Mais chacun sait intimement de quoi il est question. Elle débute un jour, souvent au détour d’un événement déclencheur, et ne nous quitte plus, comme une nouvelle voix qui murmure à l’intérieur. Cette quête nous entraîne au cœur de nous-mêmes et de l’infinie complexité de l’existence. Elle habite progressivement nos réflexions, nos choix, nos projets – et nos doutes aussi.
Elle devient une aventure perpétuelle : chaque pas en avant, chaque réponse trouvée, ouvre des dizaines de nouvelles interrogations et pistes d’exploration. Et elle semble devenir plus que jamais vitale à notre époque, si paradoxale. Pendant des centaines de milliers d’années, l’expérience humaine s’est développée au rythme lent de l’évolution. Puis, en l’espace de quelques générations seulement, nous l’avons entièrement réinventée, en confondant souvent accélération et progrès.
Nous savons tout décrypter de l’humain, mais sommes plus que jamais déconnectés de notre essence humaine. Or si nous avons parfois oublié notre nature, notre nature, elle, ne nous a pas oubliés. Peut-être est-ce elle, d’ailleurs, qui nous appelle à la retrouver. Car l’un des enjeux majeurs de notre époque est là : cesser de vouloir être davantage, et vivre à la hauteur de ce que nous sommes déjà.
C’est ce à quoi invite ce livre : se tourner vers notre monde intérieur pour revenir à notre nature, faire de cette quête notre boussole, et de cet appel intérieur notre projet d’existence. « Alors que vous commencez à marcher sur le chemin, le chemin apparaît. » RUMI À mesure que je lui ai accordé mon énergie, cette quête a dessiné mon chemin de vie. Elle est née d’un intérêt absolu pour la nature et l’environnement, auquel j’ai consacré une grande partie de ma vie, en cherchant à concilier développement humain et respect du vivant.
D’abord donc comme sujet extérieur : à travers l’étude, le conseil, l’investissement et l’entrepreneuriat... J’ai longtemps cru que comprendre et agir pour le monde suffirait à bien y vivre. Puis j’ai progressivement ressenti quelque chose de plus organique, de plus profond, de plus grand et de plus intime à la fois. Que ce soit dans l’introspection, au contact du vivant, dans la contemplation des étoiles, ou lors d’expériences de transcendance : il devenait évident que tout ce que je percevais ne pouvait pas être analysé, défini, compris.
Et que ce qui ne pouvait pas l’être était au moins aussi important que ce qui pouvait l’être. Il ne s’agissait plus seulement de comprendre, mais d’accueillir. Pas seulement de réfléchir, mais de ressentir. Pas seulement de constater, mais de percevoir. Je ne me suis jamais senti aussi vivant que lorsque j’ai cessé de laisser mon esprit rationnel décider seul. Cette sensibilité intérieure a subtilement transformé ma manière d’habiter chaque instant : mieux observer, discerner, choisir – et renoncer aussi.
Comme si tout s’accordait naturellement, au diapason d’une justesse intérieure : des amitiés convenues aux relations choisies, du sport-performance au mouvement conscient, de l’ambition d’accomplissement à l’ambition d’incarnation... Et plus je cheminais, plus je ressentais une part de mystère vibrer au cœur des grands sujets de la vie : l’amour, l’intuition, la beauté, le temps, la mort...
Et davantage encore dans ce qui nous dépasse : la naissance et l’existence même de l’univers dont nous sommes le fruit, ou ce formidable don de conscience – simultanément l’un des plus grands mystères et l’un des plus grands pouvoirs de l’humanité. J’ai progressivement senti que le mystère n’était pas seulement autour de moi, mais vivant et vibrant à l’intérieur de moi. Comment alors ne pas lui accorder toute l’importance qu’il mérite dans l’exploration du soi ?
Les sciences ne suffisent pas à expliquer pleinement tout ce qui est à l’œuvre en et autour de nous – certains de leurs plus grands esprits le reconnaissent eux-mêmes. Je crois donc que cette quête s’apprend moins qu’elle ne se pratique, s’approprie et se met en mouvement – y compris hors des sentiers battus. Et c’est sur ces sentiers que Sarah et Alexis m’ont conduit, sans concept fracassant, mais par la puissance tranquille de leur manière de vivre.
« La façon dont nous passons nos journées est, bien sûr, la façon dont nous passons notre vie. » ANNIE DILLARD L’originalité du travail de Sarah et Alexis réside précisément dans cette conviction : les transformations profondes ne découlent pas seulement de quelques expériences ou révélations extraordinaires, mais aussi et surtout d’une ritualisation et d’une incarnation dans le quotidien.
En les côtoyant, j’ai pu les observer sanctuariser l’essentiel chaque jour, avec beaucoup de force et d’élégance : respirer, se nourrir, bouger, guérir, méditer, dormir, entreprendre, aimer... Plus qu’un livre, cet ouvrage est un manuel de vie consciente, fruit d’un long chemin d’exploration et d’expérimentation. Ils ont étudié, éprouvé puis intégré un vaste spectre de pratiques – chiropraxie, yoga, méditation, pranayama, ayurvéda, naturopathie, pouvoir des plantes... – reliées et articulées de façon originale.
Ils incarnent ce qu’ils transmettent, et transmettent ce qu’ils incarnent, ce qu’on sent immédiatement aussi dans leurs studios. Mais ces pratiques ne sont pas une fin en soi. Elles sont les ramifications d’un même arbre, enraciné dans une intention plus vaste, réconciliant rigueur scientifique, savoirs ancestraux, intelligence du corps et perceptions subtiles.
Il ne s’agit pas de tourner le dos aux sciences modernes ou aux approches conventionnelles ; mais bien de les enrichir d’une ouverture rigoureuse à ce qui se joue aux frontières de notre compréhension. Tout cela pour n’en garder que l’essentiel : ce qui transforme, élève et libère le « soi ». Soyez prévenus cependant : n’attendez aucune solution miracle ou méthode magique. Leur force n’est pas d’avoir trouvé les réponses. Elle est d’avoir appris à poser les bonnes questions.
Leur approche est donc responsabilisante : elle vise avant tout à nous permettre de puiser en nous et de révéler ce qui s’y trouve déjà. S’ils nous proposent des clés de compréhension et nous ouvrent la voie vers de nouveaux sentiers, c’est bien à nous de les arpenter et de nous y consacrer. « De l’intime au sublime, telle est la voie qui mène au soulagement et à l’émerveillement. » ALAIN DELOURME S’y consacrer, c’est accepter d’être interrogé, d’être confronté à nos limites, de voir nos habitudes bousculées et nos certitudes ébranlées.
Car tel est le voyage initiatique proposé à qui s’y dédie pleinement : oublier pour mieux apprendre, douter pour mieux comprendre, renoncer pour mieux choisir, mourir pour mieux renaître. Il n’existe pas de raccourci vers soi. Autrement dit : on ne se transforme pas après avoir parcouru le chemin, on se transforme en le parcourant. Et c’est précisément parce que ce chemin nous transforme qu’il nous ouvre à une manière plus lumineuse d’habiter l’existence. C’est peut-être là que réside sa plus belle promesse : retrouver notre capacité d’émerveillement.
Car cette aventure ne doit pas nous éloigner du réel, mais nous redonner envie de l’embrasser. S’écouter, se libérer, se révéler, s’émerveiller – pour mieux se réinventer. Et parce que toute révolution intérieure finit par dépasser l’individu, elle contribue à nous mener vers la civilisation consciente que nous avons le potentiel et la responsabilité de devenir – de gré, plutôt que de force. C’est pour toutes ces raisons que ce chemin vers soi est sacré. Il n’a pas vocation à nous amener ailleurs, mais à nous ramener à nous-mêmes, pleinement libérés.
Spoiler : ce n’est pas une promenade de santé. C’est un véritable trek, sans fin, escarpé, exaltant – et ici guidé. Et où que vous en soyez sur le vôtre, il peut se poursuivre dès demain. Au premier souffle vivant. Au premier choix conscient. Bon cheminement !
Sidney Delourme — Préface d’Un chemin sacré vers soi. First Éditions.
Ouvrir le livre — lire les premières pages
Cliquez à gauche ou à droite du livre pour tourner les pages — ou utilisez les flèches ← → du clavier.
← Le livre